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Les 30, 1er et 2 juillet 2006:
Un départ en fin d'après midi 18h00 contrairement à
la 1ère édition qui était parti le matin, doit permettre aux rapides en moins
de trente heures d'éviter une deuxième nuit dehors.
Mon tableau de marche prévoit un max de 38 heures et
un bon résultat à 32. Ça n'a pas l'air trop dur, hormis la distance, mais l'an
dernier moins de la moitié a fini. Pas sur que ce soit facile quand même.
Du coté de l'organisation cela devrait être bon s'ils
ont pris en compte les remarques et les erreurs de la 1ère édition. Je le dit
tout de suite ce fut très bien, un balisage impeccable, des bénévoles très
dispo et serviables. Les points de ravitos sont entre 15 et 20 kilomètres et il
y a 3 gros ravitos avec repos, repas chaud, et staff médical très
compétent.
Me voilà donc parti vers midi de chez moi car j'ai
plus d'une heure de route pour rejoindre l'arrivée où nous attendent des bus
navettes qui vont nous amener au point de départ. Ma voiture m'attendra avec
mes affaires, c'est bien vu. Première navette a 14h30, il y a déjà du monde qui
se prépare sur le parking. Je suis déjà prêt, je peux partir dans les premiers.
Au terrain de sport qui sert de parc de départ il n'y
a plus qu'attendre en buvant. Car une fois n'est pas coutume en Bretagne, il
fait chaud et même très chaud et demain sera pire. Une fois mon numéro 79
attaché sur ma cuisse et mes sacs de ravitaillement perso déposés, je suis fin
prêt. Un peu de discute avec quelques habitués de l'ultra et 2 ou 3 photos,
voici enfin l'heure du départ.
Pas de retard, les 250 coureurs partent chacun à
leur rythme, certains marchent et d'autres foncent pour être devant. C'est un
peu mon choix, je préfère que ce soit les autres qui fassent l'effort de me
doubler. Je n'ai pas reconnu le parcours et s'il y a beaucoup de chemins étroits
il vaut mieux partir devant. J'essaie de me caler à 10 à l'heure mais ce n’est
pas trop facile, c'est encore un peu le peloton et il faut bien 1 heure de
course pour que ce soit étiré.
Le premier ravitaillement est là au bout d'une heure
et demie environ. Tout va bien je suis dans mes temps, la première féminine
arrive quand je repars. Je vais donc un peu vite car je ne compte pas faire
mieux qu'elle. Il fait encore chaud et les portions de route sont nombreuses.
Au deuxième ravitaillement à Auray, je refais le plein du sac en liquide mais
je ne aperçois pas qu'il est loin d'être vide. 1 litre et demi pour plus
de 3 heures de course, ce n'est pas assez avec cette chaleur. Je vais
assez vite m'en rendre compte. Maux de tête et gros coup de mou me tombent dessus,
je me mets à marcher et à boire ce que je peux, une pause pour mettre du
paracétamol dans le gars et dans la gourde.
La nuit tombe et la fraîcheur arrive enfin. Après 5
heures sur le terrain, la forme revient, au pointage et ravitaillement je suis
dans les cent. C'est bon la nuit est à moi. Je ne sens plus le temps passer, je
suis ailleurs et je cours toute la nuit. Seul la plupart du temps, juste
quelques centaines de mètres avec les gars que je double. Après avoir
rencontré des racines et des cailloux sur le chemin, je mollis un peu sur les
chemins. J'ai cru m'être casser un orteil, mais c'est seulement l'ongle qui a
pris (au total j'en ai perdu 2 et le gros orteil droit n'est pas brillant). Un
gros ravitaillement au 54ème Km requinque tout le monde. Au menu soupe et pâtes
jambon, je refais le plein du sac en solide et liquide avec mon propre ravito
qui m'attend avec un coupe vent.
Le fléchage est très correct, bien qu'il faille être
vigilant en zone urbaine. Trop souvent le balisage a été arraché et il ne reste
qu'un centimètre carré de scotch fluorescent dans les branches. Je ne me trompe
pas mais je suis victime d'une fausse indication par deux ados qui après avoir
déplacé la rubalise m'indique la direction opposée. Ils filent trop vite à mon
goût après mon passage et je trouve la croix rouge et blanche du GR sur un
poteau 100 mètres plus loin. Bandes de petits cons! Je les dénonce aux
bénévoles qui attendent à un croisement à 500m.
Vers
6 heure le jour se lève et nous avons droit à un beau lever pour marquer nos 12
premières heures de course. Vannes arrive bientôt et pas un chat en ville à
cette heure.
Enfin le gros ravitaillement du milieu de raid. Je
pointe à la 68ème place et une vingtaine ont déjà rendu leur dossard. Il y a du
monde qui dort dans les tentes installées par les militaires du RIMA
partenaire de la course. Je me restaure d'abord et je vais me changer quand je
vois un gars revenir douché. Après quelques précisions je trouve la douche et
là franchement c'est mieux qu'un massage. Douché et changé, je peux attaquer
les soins de pieds. Ils ont besoin de cela. J'ai trois belles ampoules qui ne
me gênaient pas et que j'ai découvertes en ôtant les chaussettes. Perçage et
collage de compeed, c'est comme neuf.
Je repars après une heure et quart de repos. Plus
question de courir sans arrêt, je me limite aux parties bien roulantes sur
chemin et route. 20 kilomètres plus loin, je suis foutu. Les tendinites me font
souffrir: le muscle releveur gauche et le genou droit. Je court quand même car j'ai
aussi mal qu'en marchant. La journée s'avance et la chaleur est là. C'est
vraiment dur. Je pense à abandonner au ravitaillement du 125 km. Mais je
réserve mon choix et je dors sur une chaise environ 1 heure. Et je repars, mais
il fait très chaud, plus de 30 degrés et comme les autres, je suis parti avec
une bouteille d'eau en plus. Consigne de l'organisation, personne ne quitte un
ravito sans une bouteille. En plus les petits chemins à l'ombre ne sont pas
nombreux et le goudron est torride. Sur le parcours des riverains improvise
même des stands avec des bouteilles d'eau ou des bassines. Ça compense bien la
bêtise des arracheurs de rubalise.
Je suis claqué, je dois m'allonger dans l'herbe pour
prendre un quart d'heure de sommeil car je dors en marchant et je vois passer
des trucs dans le fossé. Quelques coureurs arrêtent et s'inquiètent, mais je
repars vers la fin de ma course. Le gars devant moi ne fait pas mieux et
j'ai doublé une femme il y a une heure. En revanche un loustic m'a dépassé en
courant et il s'est mis à répondre au téléphone (port obligatoire). C'est
dangereux au volant, en courant ça vaut pas mieux, il ne voit pas la
bifurcation et continue sans m'entendre siffler après lui. Finalement il
percute quand il coupe la communication.
Il est 20 heure, j'avance à 3 à l'heure, c'est fini.
Je tombe sur le troisième et dernier gros ravitaillement sans m'attendre à le
trouver là. Je rends mon dossard de suite au pointage. Je suis le 98ème à
passer là. Résultat, 142 Km en 26h10, sans blessure les trente heures sont
faisables. Je ne me dis pas j'aurais du continuer, je me dis je reviendrais.
Évidemment
si on regarde le résultat c'est bon et mauvais à la fois. 13h 15 pour rallier
Vannes soit 94 Km et je fini les 142 en 26h10, conclusion j'ai mis autant de
temps pour 94 Km que pour les 48 suivants. J'étais un peu lent sur la fin. Je
me voyais plutôt mal pour finir les 34 Km restants. En vérité je voulais finir
sur du plaisir, et là rajouter 10 heures de plus, c'était bon pour me casser le
moral et le physique. Donc l'envie d'en refaire est encore là et physiquement,
c'est bon...
[Source: Serge Bardouil]
Place: 98eme au 142 ème KM
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